Anthropic, l’entreprise derrière Claude, a reçu une note de crédit spéculative, soulevant des interrogations sur les risques qui accompagnent l’essor des investissements dans l’IA. Les partisans de Bitcoin y voient un problème bien plus important au sein de la finance traditionnelle.
Kroll Bond Rating Agency (KBRA) a attribué à Anthropic une note BB+ au mois de juin, même si cette évaluation n’a été rendue publique qu’en octobre.
La note BB+ se situe un cran en dessous de la catégorie « investment grade ». En termes simples, cela signifie que prêter à cette entreprise comporte un risque de crédit plus élevé que prêter à des emprunteurs mieux notés.
Les investisseurs exigent donc des rendements plus élevés en compensation.
La note couvrait également 4,4 milliards de dollars de dette subordonnée dans le cadre du financement de 35 milliards de dollars qu’Anthropic a obtenu pour les puces d’IA. Cette dette offrait un rendement annuel d’environ 8,5 %, contre 5,75 % pour la dette senior garantie par Broadcom.
Mais pourquoi les investisseurs Bitcoin devraient-ils se soucier de la note de crédit d’une société d’IA ?
Pourquoi la note d’Anthropic a-t-elle suscité un débat autour de Bitcoin ?
La question va bien au-delà d’Anthropic. Le coût de l’emprunt du gouvernement américain grimpe lui aussi, ce qui remet en question la notion d’actifs sûrs selon les investisseurs.
Le rendement du Trésor américain à 10 ans a dépassé les 5,3 % début octobre, atteignant un sommet en 24 ans.
Des rendements plus élevés impliquent une perte de valeur sur le marché pour les obligations existantes. Les investisseurs qui vendent avant l’échéance peuvent donc essuyer des pertes, même sur la dette de l’État.
Jeff Park, investisseur chez ParaFi, a mis en avant ces évolutions et remis en cause le portefeuille traditionnel 60/40, qui alloue 60 % aux actions et 40 % aux obligations pour plus de stabilité.
Le PDG de Blockstream, Adam Back, va encore plus loin.
Bitcoin is the hurdle rate.
— Adam Back (@adam3us) October 17, 2026
Son argument : chaque investissement devrait être jugé face au potentiel de rendement que représente la détention de Bitcoin.
Toutefois, la volatilité de Bitcoin complique cette comparaison. Les obligations d’État présentent toujours un risque de défaut nettement plus faible, tandis que Bitcoin n’offre aucune garantie de rendement.
Il est intéressant de noter que l’analyste Bitcoin Willy Woo a également averti qu’une économie basée sur Bitcoin pourrait enregistrer une croissance plus lente, la dette devenant alors plus difficile à rembourser.
En parallèle, les ETF obligataires ont attiré des flux entrants record, ce qui laisse penser que les investisseurs accordent toujours de la valeur aux actifs à revenu fixe.
La note d’Anthropic apporte de nouveaux arguments aux partisans de Bitcoin. Reste à savoir si cela parviendra à convaincre les investisseurs traditionnels.
Lisez l’article original La note médiocre d'Anthropic relance le débat sur Bitcoin par Phil Haunhorst sur fr.beincrypto.com